En mathématiques, et plus particulièrement en analyse fonctionnelle, le déterminant de Fredholm est une généralisation de la notion de déterminant à certains opérateurs à noyaux (continus) dans des espaces de Banach. Aux notations et langage près, l'idée a été introduite par Fredholm dans son étude de certaines équations intégrales[1]. Elle a ensuite était généralisée à d'autres opérateurs, notamment aux opérateurs nucléaires (en)[2].
Soit un segment de . Dans la suite, désigne l'espace des fonctions continues sur ou l'espace des fonctions p-intégrables sur .
Soit une fonction continue. On considère l'opérateur de noyau :
Heuristique[modifier | modifier le code]
On se place sur et s'intéresse à l'équation fonctionnelle suivante, d'inconnue
On peut essayer de discrétiser cette équation :
en l'évaluant sur une famille de points équirépartis dans l'intervalle : .
en approchant l'intégrale par une somme de Riemann : .
On obtient alors, pour chaque , un système linéaire d'équations
où les inconnues sont les . Heuristiquement on peut espérer comprendre en analysant le comportement de dans la limite .
Or on montre[3] que le déterminant du système linéaire homogène associé à vaut :
où est la somme des mineurs principaux d'ordre de . Comme de plus
on est donc amené à considérer la série "limite des " :
C'est la définition de Fredholm du déterminant de l'opérateur . Bien que Fredholm, dans son article de 1903, ne précise pas vraiment comment il en est venu à cette définition, on peut supposer que c'est essentiellement cette heuristique qui l'y a conduit[4].
Déterminant de Fredholm[modifier | modifier le code]
La série entière a un rayon de convergence infini. Cela peut se démontrer en utilisant l'inégalité d'Hadamard (en) pour majorer le déterminant.
Pour tout , on appelle déterminant de Fredholm de l'opérateur la quantité
La fonction est alors analytique sur . En particulier, ses zéros sont isolés et de multiplicités finies.
Cas des opérateurs de rang fini[modifier | modifier le code]
Dans cette section, on suppose que est de rang fini.
Lien avec les valeurs propres[modifier | modifier le code]
Soient les valeurs propres de comptées avec multiplicités. On a alors la formule du produit[5] :
Lien avec la trace[modifier | modifier le code]
Comme et ses puissances sont de rang fini, ce sont des opérateurs à trace.
↑Alexander Grothendieck, « La théorie de Fredholm », Bulletin de la Société mathématique de France, vol. 79, , p. 319–384 (ISSN 0037-9484 et 2102-622X, DOI 10.24033/bsmf.1476, lire en ligne, consulté le )
↑(en) Francesco Giacomo Tricomi (1897-1978), Integral equations, New York, Dover Publications, , 238 p. (ISBN 0-486-64828-1 et 9780486648286, OCLC 11469824, lire en ligne), p. 66-68
↑Dieudonné, Jean, 1906-1992., History of functional analysis, North-Holland Pub. Co., (ISBN 0-444-86148-3 et 9780444861481, OCLC 7206750, lire en ligne), p. 99
↑ a et b(en) Israel Gohlberg, Nahum Krupnik et Seymour Goldberg, Traces and determinants of linear operators, Birkhäuser Verlag, (ISBN 3-7643-6177-8 et 9783764361778, OCLC 43607291, lire en ligne), chap. 1, p. 7-10
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