Flic ou Voyou est un film français réalisé par Georges Lautner, sorti en 1979.
Résumé[modifier | modifier le code]
À Nice, une guerre des gangs entre deux truands locaux, Achille Volfoni, dit « le Corse » et Théodore Musard, dit « l'Auvergnat » fait rage dans la ville, que la police ne peut stopper en raison de la complicité de certains représentants de l'ordre auprès des deux caïds. Parallèlement, le commissaire divisionnaire Stanislas Borowitz, de la « police des polices », usant de méthodes particulièrement expéditives pour contrer les ripoux, est envoyé de Paris avec l'accord du commissaire niçois Grimaud afin de « nettoyer » la ville de Nice de ses truands et de la corruption policière, tout en enquêtant sur le meurtre du commissaire Bertrand, policier notoirement ripou, assassiné dans une chambre d'hôtel, alors qu'il s'y trouvait en compagnie d'une prostituée, également tuée. Afin de mener au mieux son enquête, il se fait passer pour le frère de la prostituée, un petit malfrat d'origine calabraise du nom d'Antonio Cerruti. Au cours de son enquête, il découvre que deux policiers, Rey et Massard, également impliqués dans les meurtres, sont de mèche avec le « Corse ».
Borowitz décide de monter le « Corse » et l'« Auvergnat » l'un contre l'autre. Il fait sauter le bureau de Musard (l'« Auvergnat ») situé dans son casino, n'hésitant pas à le faire se déshabiller et à le laisser nu en pleine rue, et il incendie le bar appartenant à Volfoni (le « Corse »), tout en leur faisant porter le chapeau de ces événements. Parallèlement à son enquête, il rencontre la riche romancière Edmonde Puget-Rostand, avec laquelle il entame une liaison.
Mais son enquête est perturbée par l'irruption de sa fille, Charlotte, âgée de quatorze ans et au caractère bien trempé, qui s'est échappée de son pensionnat en Angleterre. Lorsque Rey et Massard découvrent la vérité à propos de Borowitz, le premier décide de l'assassiner. Borowitz réplique avant lui, l'abat, et n'hésite pas à faire porter le chapeau à Volfoni qui se retrouve alors inculpé pour le meurtre de Rey. Aussi, lorsque Musard et ses hommes enlèvent Charlotte, Borowitz pense que c'est Volfoni le responsable. Passant outre l'avis de Grimaud, Borowitz fait cavalier seul et, aidé d'un ancien collègue et ami, Cazauban, extrait Volfoni de sa cellule et le séquestre. Mais il reçoit un appel téléphonique d'Edmonde qui a reçu un colis contenant une chaussure et un numéro de téléphone noté sur un papier. Borowitz appelle et découvre que c'est Musard (l'« Auvergnat ») qui est derrière l'enlèvement de Charlotte. Massard, qui s'est acoquiné avec l'« Auvergnat » depuis l'arrestation du « Corse », propose son aide à Borowitz afin de libérer sa fille. Massard tue Musard et ses hommes, libère Charlotte et l'amène auprès de son père.
Borowitz laisse Massard partir avec le « Corse » menotté à une voiture de police, avant de mettre son plan à exécution en les piégeant grâce à un barrage de gendarmerie. En tentant de fuir, Massard et Volfoni sont tués. Leur voiture, mitraillée par la gendarmerie, fait une chute d'un pont et atterrit sur la voie ferrée avant d'être percutée par un train. Borowitz repart vers Paris avec Charlotte, en disant au revoir à Edmonde.
Fiche technique[modifier | modifier le code]
Titre : Flic ou Voyou
Réalisation : Georges Lautner
Premier assistant réalisateur : Jean-Michel Carbonnaux
Stagiaire : Dominique Brunner
Scénario : Jean Herman, d'après le roman L'Inspecteur de la mer, de Michel Grisolia
Dialogue : Michel Audiard
Directeur de la photographie : Henri Decaë
Décors : Tony Roman
Décors de plateau : Alain Gaudry
Costumes : Paulette Breil, Marie-Françoise Perochon et Andrée Ramoin
Montage : Michelle David
Son : Alain Sempé
Musique : Philippe Sarde
La musique du film est interprétée par : Chet Baker - Trompette ; Ron Carter - Basse ; Billy Cobham - Batterie ; Larry Coryell - Guitare ; Hubert Laws - Flûte ; Hubert Rostaing - Clarinette ; Maurice Vander (non crédité) - Piano
Coordinateur des cascades : Claude Carliez
Coordinateur des cascades automobiles : Rémy Julienne
Effets spéciaux : Jean-Louis Trinquer
Générique et trucages : Georges Pansu (Eurocitel)
Bruitages : Jean-Pierre Lelong
Producteur délégué : Alain Poiré
Directeur de production : Robert Sussfeld et Alain Belmondo
Régie générale : René Brun
Pays d'origine : France
Tournage :
Budget : 15 millions de francs[1] (soit environ 7,9 millions d'euros en 2022[2])
Format : couleur par Eastmancolor – 1,66:1 – son monophonique
Genre : policier
Durée : 107 minutes
Date de sortie :
Distribution[modifier | modifier le code]
Jean-Paul Belmondo : le commissaire divisionnaire Stanislas Borowitz, alias Antonio Cerutti
Georges Géret : Théodore Musard, dit « L'Auvergnat »
Marie Laforêt : Edmonde Puget-Rostand
Jean-François Balmer : l'inspecteur Georges Massard
Claude Brosset : Achille Volfoni, dit « Le Corse »
Julie Jézéquel : Charlotte, la fille de Borowitz
Michel Beaune : Marcel Langlois
Tony Kendall (VF : Gérard Hernandez) : l'inspecteur Rey
Catherine Lachens : Simone Langlois
Juliette Mills : Mme Bertrand
Venantino Venantini : Mario
Charles Gérard : Cazauban
Michel Galabru : le commissaire Grimaud
Philippe Castelli : l'inspecteur du permis de conduire
Marc Lamole : le substitut
Michel Peyrelon : Camille
Nicolas Vogel : Marcel Gaston
Mireille Orsini : Mme Cerutti
Valérie Kirkorian : Rita
Patrick Rocca : le directeur du casino
Bernard Fontaine : le fourgue
José Gonel : « tonton Michel », le vieux monsieur au lapin en peluche
Michèle Jacquetty : la fille du camping
Henri Attal : le chef de transmission
Louis-Joachim Candela : le voyou n°1
Henri Dugène : le voyou n°2
Antoine Mazelli : le décorateur
Roberty : le commerçant
René Tramoni : le voyou n°3
Jacques Lejeune : Louis
Jean Marsiglia : le chauffeur de taxi
Maïté Masson : la prostituée du motel
Georgia Bailet : Geneviève
Brigitte Bywalski : l'hôtesse de l'air
Ceb : Ceb, le boutiquier
Maurice Auzel : un flic (non crédité)
Autour du film[modifier | modifier le code]
Flic ou voyou est le premier film de la carrière de Jean-Paul Belmondo à dépasser le million d'entrées sur Paris et sa périphérie[4]. Les scénaristes ont alors l’idée de faire un second film à son intention : Le Guignolo. On y retrouve, outre Belmondo, la plupart des autres comédiens du film : Georges Géret, Charles Gérard, Michel Galabru, Philippe Castelli, Tony Kendall ou encore Michel Beaune
Une grande partie du film a été tournée à Nice : on peut y voir la promenade des Anglais à plusieurs reprises, la place Masséna où l'Auvergnat (Georges Géret) se retrouve nu, le Vieux-Nice (bar des Langlois), le port où Rey et Massard discutent, etc. La scène de l'examen du permis de conduire a été tournée dans le quartier Saint-Maurice autour du Parc Chambrun. Le commissariat de police se situe dans les locaux du Palais de la Préfecture. Belmondo prend la fuite en tyrolienne sur le chantier du parc d'attraction Zygofolis. Les scènes au début du film se déroulent à Èze et Cap-d'Ail tandis que le camping Le Pylone se situe à Antibes et le casino à Juan-les-Pins. Les scènes d'intérieur ont été tournées aux studios de la Victorine.
C'est la première fois que Belmondo est dirigé par Georges Lautner. Au total, ils tourneront ensemble cinq films. Suivront en effet, dans l'ordre Le Guignolo (1980), Le Professionnel (1981), Joyeuses Pâques (1984) et L'Inconnu dans la maison (1992).
Premier des 3 films mettant en vedette simultanément Jean-Paul Belmondo et Marie Laforêt , qui tourneront ensuite ensemble Les Morfalous et Joyeuses Pâques.
Le film comporte plusieurs allusions aux Tontons flingueurs, film dû au même réalisateur et au même dialoguiste :
le titre du film que plusieurs personnages vont voir dans un cinéma est Le Terminus des prétentieux, titre prévu initialement pour les Tontons flingueurs et mentionné dans une réplique de Bernard Blier. Les images de ce film sont extraites de la séquence générique d’un autre film de Georges Lautner, Pas de problème ! ; En revanche, les commentaires de Charlotte à Stanislas au sujet de ce qu'il a manqué du film sont imaginaires puisque dans le vrai film rien ne s'est passé avant la séquence projetée à ce moment précis.
le personnage de Claude Brosset s’appelle Volfoni, nom porté par les personnages de Bernard Blier et Jean Lefebvre dans les Tontons flingueurs ;
l’acteur italien Venantino Venantini, qui joue ici le rôle de Mario, tenait celui de Pascal dans les Tontons flingueurs. La rencontre de Mario avec Borowitz rappelle également les scènes de « bourre-pif » des Tontons Flingueurs : Mario ouvre la porte et le poing de Belmondo apparaît de la droite de l'écran pour lui infliger un direct au visage.
La petite voiture de sport découverte de Stanislas Borowitz est une Caterham Super seven.
Dans ce film tout comme dans les quatre autres réalisés par Lautner avec Belmondo au générique, la mère du réalisateur, Renée Saint-Cyr, n'apparait pas. Elle est pourtant toujours présente dans les autres films de Lautner à cette époque. Les seconds rôles fétiches du cinéaste (Jean Luisi, Henri Cogan, Robert Dalban) sont également absents, remplacés par ceux de Belmondo (Claude Brosset, Michel Beaune , Charles Gérard). Cela semble montrer que le "bankable" Belmondo a pesé sur le casting.
L'arme de Stanislas Borowitz est un Colt Python calibre .357 Magnum à canon long. Jean-Paul Belmondo utilise la même arme dans Le Professionnel.