Kerpert[kɛʁpɛʁ] (Kerber en breton) est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.
Géographie
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Situation
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La paroisse fait partie du territoire breton traditionnel du pays Fañch.
Carte de la commune de Kerpert.
Communes limitrophes de Kerpert
Magoar
Plésidy
Saint-Connan
Lanrivain
Saint-Gilles-Pligeaux
Saint-Nicolas-du-Pelem
Canihuel
Géologie et relief
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De Duault à Corlay en passant par Kerpert et Saint-Nicolas-du-Pélem, sur plus de 30 km, un massif granitique correspondant à la partie ouest du batholite de Quintin, domine, atteignant 290 mètres, les collines schisteuses de la partie orientale du bassin de Châteaulin situées à son sud.
Hydrographie
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Pour un article plus général, voir Réseau hydrographique des Côtes-d'Armor.
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Trieux[1],[Carte 1].
Le Trieux, d'une longueur de 72 km, prend sa source dans la commune et se jette dans la Manche entre Lézardrieux et Ploubazlanec, après avoir traversé 21 communes[2].
Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang Neuf, d'une superficie totale de 7,1 ha (0 ha sur la commune)[Carte 1],[3].
Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique franc », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[4]. En 2020, la commune ressort du type « climat océanique » dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Ce type de climat se traduit par des températures douces et une pluviométrie relativement abondante (en liaison avec les perturbations venant de l'Atlantique), répartie tout au long de l'année avec un léger maximum d'octobre à février[5].
Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent à la normale 1971-2000[Note 2]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.
Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000[4]
Moyenne annuelle de température : 10,7 °C
Nombre de jours avec une température inférieure à −5 °C : 1,4 j
Nombre de jours avec une température supérieure à 30 °C : 1,1 j
Cumuls annuels de précipitation[Note 4] : 1 099 mm
Nombre de jours de précipitation en janvier : 16,6 j
Nombre de jours de précipitation en juillet : 8,5 j
Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[8] complétée par des études régionales[9] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. La station météorologique de Météo-France installée sur la commune et mise en service en 1987 permet de connaître l'évolution des indicateurs météorologiques[10]. Le tableau détaillé pour la période 1981-2010 est présenté ci-après.
Statistiques 1981-2010 et records KERPERT (22) - alt : 281 m 48° 24′ 12″ N, 3° 08′ 48″ O Statistiques établies sur la période 1987-2010 - Records établis sur la période du 01-04-1987 au 04-01-2022
Mois
jan.
fév.
mars
avril
mai
juin
jui.
août
sep.
oct.
nov.
déc.
année
Température minimale moyenne (°C)
2,9
2,9
4,1
5,1
8
10,3
12,2
12,5
10,8
8,5
5,2
3
7,1
Température moyenne (°C)
5,3
5,7
7,6
9
12,3
14,8
16,8
17,2
14,8
11,7
7,9
5,4
10,7
Température maximale moyenne (°C)
7,7
8,5
11
12,9
16,5
19,4
21,4
21,9
18,9
14,8
10,6
7,8
14,3
Record de froid (°C) date du record
−12,8 02.01.1997
−10,8 07.02.1991
−5,6 01.03.05
−2,6 02.04.1996
0,4 07.05.1997
3,3 01.06.1989
6,3 10.07.04
6,8 25.08.1993
3,3 30.09.1987
−2,2 29.10.1997
−4,8 29.11.10
−8,3 29.12.1996
−12,8 1997
Record de chaleur (°C) date du record
15 16.01.1996
20,5 27.02.19
22,2 30.03.21
27 21.04.18
29,6 24.05.1989
33,7 20.06.17
35,9 23.07.19
38 09.08.03
31,5 07.09.16
27,6 01.10.11
20 01.11.15
15,3 19.12.15
38 2003
Précipitations (mm)
135,3
116,8
86,7
90,8
72,8
58,3
61,9
58,3
75,4
119,1
123,1
132,1
1 130,6
Source : « Fiche 22092001 » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr, édité le : 06/01/2022 dans l'état de la base
Urbanisme
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Typologie
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Au , Kerpert est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[11].
Elle est située hors unité urbaine[12] et hors attraction des villes[13],[14].
Occupation des sols
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L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (82,9 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (82,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante :
zones agricoles hétérogènes (68,1 %), forêts (15,8 %), terres arables (14,8 %), zones urbanisées (1,3 %)[15]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
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Le nom de la localité est attesté sous les formes ecclesia Sancti Petri en 1160[16], Kerpezre en 1443 et en 1571, Treffve Sainct Pierre en 1535 et en 1536, Kerperre en 1669, Kerperre-Pligeau à la fin du XVIIe siècle, Kerpert au XVIIe siècle, Kerper, Kerpers, Kerpert au XVIIIe siècle[17].
Ddu breton ker-Per, « la maison ou le village de [saint] Pierre »[16].
Kerpert est une ancienne trève avec Saint-Connan de la paroisse de Ploegeau ou Plijo (puis Saint-Gilles-Pligeaux) divisée aujourd'hui en trois communes ; Kerpert est situé dans le pays traditionnel de Cornouaille.
Kerpert a possédé une abbaye cistercienne, aujourd'hui en ruines, Notre-Dame de Koad Maloen, fondée le .
Article détaillé : Abbaye Notre-Dame de Coatmalouen.
Blason : selon Régis de Saint-Jouan, « deux coquilles et un croissant en pointe, surmontés d'un lambel » (cf. Courcy). Il s'agit des armes de la famille Pligeau, sieurs de Saint-Gilles, connue du XIVe au XVIe siècle.
Le XIXe siècle
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En , un loup enragé blessa des vaches, des chevaux et 63 personnes entre Kerpert et Bourbriac, tuant 2 enfants ; 13 autres personnes moururent de la rage entre mai et juillet, contaminées par les morsures[19].
Le XXe siècle
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La Première Guerre mondiale
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Le monument aux morts de Kerpert porte les noms de 60 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux Guillaume Le Gall[20], décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre[21].
La Seconde Guerre mondiale
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Le monument aux Morts porte les noms de 5 soldats morts pour la Patrie[21].
Article détaillé : Maquis de Coat-Mallouen.
Patrimoine
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Abbaye cistercienne Notre-Dame de Koad Maloen.
Église Saint-Pierre (XVIe siècle) à enclos, ossuaire et croix monumentale ; vitraux de Pierre Toulhoat (1923-2014).
Politique et administration
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L'article histoire des maires de France retrace l'évolution des modalités d'élection ou de nomination des maires de la commune.
Liste des maires successifs
Période
Identité
Étiquette
Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1933
octobre 1947
Joseph Le Bizec
Rad.
Agriculteur
octobre 1947
mars 1971
Pierre Lorguilloux
MRP
Agriculteur, maire honoraire
mars 1971
22 mars 2008
Jean-Paul Allanic
PS
Agriculteur
22 mars 2008
4 juillet 2020
Jean-Paul Le Moigne
DVG
Retraité 3e vice-président de la CC du Pays de Bourbriac (2014 → 2016)
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[24]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[25].
En 2022, la commune comptait 269 habitants[Note 5], en évolution de −2,18 % par rapport à 2016 (Côtes-d'Armor : +1,78 %, France hors Mayotte : +2,11 %).
Évolution de la population [ modifier ]
1793
1800
1806
1821
1831
1836
1841
1846
1851
865
835
1 017
997
1 034
1 228
1 241
1 275
1 238
Évolution de la population [ modifier ], suite (1)
1856
1861
1866
1872
1876
1881
1886
1891
1896
1 233
1 255
1 270
1 142
1 162
1 153
1 190
1 165
1 171
Évolution de la population [ modifier ], suite (2)
1901
1906
1911
1921
1926
1931
1936
1946
1954
1 203
1 161
1 138
1 078
1 018
933
818
758
596
Évolution de la population [ modifier ], suite (3)
1962
1968
1975
1982
1990
1999
2005
2006
2010
617
536
441
407
308
318
297
294
297
Évolution de la population [ modifier ], suite (4)
2015
2020
2022
-
-
-
-
-
-
278
269
269
-
-
-
-
-
-
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale. (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[26] puis Insee à partir de 2006[27].)
Histogramme de l'évolution démographique
Entre 1851 et 1999 Kerpert, qui avait 1 238 habitants en 1851, a perdu 910 habitants ; la commune a continué à en perdre depuis, passant de 318 habitants en 1999 à 270 en 2018.
Culture locale et patrimoine
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Langue bretonne
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L'adhésion à la charte Ya d'ar brezhoneg a été votée par le Conseil municipal le . Le Label de niveau 1 de la charte Ya d'ar brezhoneg a été décerné à la commune le [28].
Construite, en forme de croix latine au début du XVIe siècle, elle se situe au milieu de l’enclos paroissial. La reconstruction du clocher-porche ouest date de la première moitié du XVIIe siècle, la sacristie est construite en 1880, les fonts baptismaux construits en 1886 ; croix monumentale sculptée par Yann Larc'hantec en 1869, ornée du visage du Christ et des instruments de la Passion ; ossuaire construit dans la première moitié du XVIe siècle.
À l’intérieur de l’édifice, on distingue la poutre de Gloire, en bois polychrome du XVIe siècle, le maître vitrail où l’on reconnait le blason d’Anne de Bretagne (qui dit-on en fit cadeau à la paroisse lors d’un séjour à l’abbaye de Coat Malouen) et les vitraux modernes de Toulhoat. Un enfeu tenue par un ange au-dessus de l'arc et par deux autres personnages au-dessus des lanterneaux, les armoiries de cet enfeu ne sont pas identifiables avec certitude. De nombreux procès-verbaux de 1666 à 1751 témoignent, en effet, de graves différends, à propos des prééminences dans l’église, entre les abbés de Coatmalouen et les seigneurs de Kerlabourat et Penpoullou, relevant de la seigneurie de Quintin. Deux fresques murales ont été découvertes lors des travaux de rénovation, l’une d’elles représente la croix aux outils avec les instruments de la Passion (lance, pointes, marteau, échelle…).
Restaurée au XIXe siècle, la chaire en bois témoigne de la richesse de la décoration au XVIIe siècle. Dans le transept Nord, une sablière sculptée représente deux moines entourant un tonnelet de vin, mêlant ainsi le profane et le sacré.
Face au porche-clocher, l’ossuaire du XVIe siècle tient une place importante dans l’enclos, lieu de repos des ossements anciens enlevés au cours des inhumations successives, c’est, ici un édifice indépendant, ouvert sur un seul côté par quatre petites baies.
Elle est classée aux Monuments historiques en 1921.
L'église paroissiale Saint-Pierre et la place Principale du village de Kerpert.
Chapelle de Kergrist Lann : construite en 1755, elle appartenait à la paroisse de Magoar. À la suite d'une querelle Kerpert-Magoar, elle fut détruite vers 1860, rachetée par Kerpert en 1872, elle fut reconstruite. C’est le lieu d'un pardon qui a lieu tous les jeudis de l’Ascension. Le calvaire qui l’accompagne date de la fin du XVe siècle, il fut en partie détruit, sans doute pendant la période révolutionnaire.
Lavoir et fontaine de dévotion : Feunten ar Werc'hez. Les fontaines de dévotion, objet d'un pardon annuel, avaient la réputation d'avoir des vertus curatives.
Dolmen de Kéranquéré et menhir de Lesquiolec datés du Néolithique.
Croix plate : datée du XIIe siècle, matériau: granit ; c’est une croix monolithique qui est sans doute l’une des bornes limitatives des terres allouées à l’abbaye de Coat Malouen par la charte du duc Conan II. À noter un motif profane à l’arrière de la croix : un soleil avec sept rayons parallèles, symbolisme celtique.
Ferme de Saint-Urnan : construction au XVIIe siècle.
Métiers d'art
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Deux archéo-luthiers, Audrey Lecorgne et Julian Cuvilliez, ont installé leur atelier à Kerpert, fabriquant des lyres et autres instruments anciens, par exemple un psaltérion qu'ils reconstituent à partir de documents anciens[30].
Personnalités liées à la commune
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Notes et références
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Notes
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↑Les ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.
↑Les normales servent à représenter le climat. Elles sont calculées sur 30 ans et mises à jour toutes les décennies. Après les normales 1971-2000, les normales pour la période 1981-2010 ont été définies et, depuis 2021, ce sont les normales 1991-2020 qui font référence en Europe et dans le monde[6].
↑L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
↑Une précipitation, en météorologie, est un ensemble organisé de particules d'eau liquide ou solide tombant en chute libre au sein de l'atmosphère. La quantité de précipitation atteignant une portion de surface terrestre donnée en un intervalle de temps donné est évaluée par la hauteur de précipitation, que mesurent les pluviomètres[7].
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2025, millésimée 2022, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2024, date de référence statistique : 1er janvier 2022.
↑ a et bDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501, (DOI https://doi.org/10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
↑ a et bHervé Abalain, Noms de lieux bretons, Paris, Editions Jean-paul Gisserot, , 126 p. (ISBN 978-2-87747-482-5 et 2-87747-482-8, lire en ligne), p. 75.