Mémona Hintermann-Afféjee, née Mémona Afféjee le au Tampon (La Réunion)[1], est une journaliste, grand reporter de télévision et présentatrice de journal française.
Après une carrière sur la chaîne France 3, de 1976 à fin 2012, elle devient membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de à .
Biographie[modifier | modifier le code]
Famille et enfance[modifier | modifier le code]
Mémona Afféjee est la fille de Cassim Ismaël Afféjee, Indien musulman, et de Marie-Claire Séry, Créole d'ascendance bretonne (de Plougastel-Daoulas[2]) et catholique ; ses parents ne se sont jamais mariés. Elle grandit dans une famille très modeste de onze enfants[3], dont elle est la sixième sur les sept qui survécurent[4].
À l'état civil, elle se prénomme Mémona, un prénom musulman, mais elle a ensuite reçu le baptême catholique sous les prénoms Marie Andrée Colette[5].
Débuts en journalisme[modifier | modifier le code]
En 1971, Mémona Hintermann gagne le concours de l'Office de radiodiffusion télévision française (ORTF) à Saint-Denis-de-la-Réunion. En 1973, elle obtient une maîtrise en droit.
Arrivée en France métropolitaine, en 1976 elle commence par présenter le journal télévisé régional à FR3-Orléans (aujourd'hui France 3 Centre-Val de Loire) avant de présenter le journal national.
Grand reporter[modifier | modifier le code]
En 1984, Mémona Hintermann devient grand reporter au service Étranger de FR3 et part couvrir la plupart des grands conflits dans le monde ; elle a ainsi couvert la chute du mur de Berlin et les guerres de Yougoslavie. Elle est notamment spécialiste du Moyen-Orient et de l'Afghanistan. En complément, dans les années 1980 et durant l'été 2005, elle présente Soir 3, le journal de seconde partie de soirée de France 3.
En 2007, elle publie une autobiographie, Tête haute, qui relate son enfance à La Réunion dans une famille multiculturelle très pauvre. Entre autres choses, elle y « témoigne vigoureusement de sa foi chrétienne »[6] et y défend les principes sur lesquels elle a bâti sa vie : « méritocratie, respect de la pluralité religieuse, ascenseur social républicain[7] ».
En , elle prend position contre les honneurs accordés au colonel Kadhafi lors de sa visite officielle en France, et affirme qu'en 1984 en Libye, ce dernier aurait tenté de la violer après lui avoir laissé entendre qu'il lui accorderait un entretien[8],[9].
En , elle publie un ouvrage en collaboration avec son mari, le journaliste allemand Lutz Krusche : Quand nous étions innocents : Un amour franco-allemand. À la même date, elle officie en tant que présentatrice « joker » de France 3, puisqu'elle présente le Soir 3 tout au long de l'été, et comme grand reporter.
Membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel[modifier | modifier le code]
En , Mémona Hintermann est nommée pour six ans conseillère au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) par le socialiste Jean-Pierre Bel, président du Sénat[10],[11]. Conformément aux règles déontologiques du CSA, elle démissionne de ses fonctions à France 3 pour se consacrer à cette charge[12].
Prise de position et engagement[modifier | modifier le code]
Le , Mémona Hintermann appelle au boycott de la chaîne d'information en continu LCI, estimant que celle-ci doit se voir « couper le signal, annuler sa convention » pour avoir diffusé en direct et dans son intégralité le discours d'Éric Zemmour lors de la Convention de la droite[13].
Depuis 2019, elle est par ailleurs membre du Comité d'orientation du Club XXIe siècle[14], une association loi 1901 dont l'objectif est la « promotion positive de la diversité et de l'égalité des chances »[15].
Publications[modifier | modifier le code]
Mémona Hintermann, Tête haute, Paris, J.-C. Lattès, , 284 p. (ISBN 978-2-7096-2857-0)
Mémona Hintermann et Lutz Krusche, Quand nous étions innocents : Un amour franco-allemand, Paris, J.-C. Lattès, , 460 p. (ISBN 978-2-7096-3009-2)
Mémona Hintermann et Lutz Krusche, Ils ont relevé la tête : Des histoires qui nous aident à vivre, Paris, J.-C. Lattès, , 303 p. (ISBN 978-2-7096-3534-9)
Mémona Hintermann et Lutz Krusche, Une vie peut en cacher une autre, Paris, J.-C. Lattès, , 309 p. (ISBN 978-2-7096-3961-3)
Mémona Hintermann, Je n'ai pas su voir ni entendre, Paris, Hugo Doc, , 262 p. (ISBN 978-2755688894)
Mémona Hintermann, Les Vulnérables, Paris, Michel Lafon, , 413 p. (ISBN 978-2749948157)
Mémona Hintermann, Une journaliste ne devrait pas dire ça, Paris, Hugo Doc, , 352 p. (ISBN 2755663693)
Distinctions[modifier | modifier le code]
Récompenses[modifier | modifier le code]
2011 : Prix « Livre et droits de l'Homme » de la ville de Nancy avec Lutz Krusche, pour leur ouvrage Ils ont relevé la tête, remis au Livre sur la place sous le haut patronage de Simone Veil[16]