La paléo-inspiration a déjà contribué à de nombreuses applications[1],[2] dans des domaines aussi variés que la chimie verte[3], la mise au point de nouveaux matériaux d'artiste, les matériaux composites, la microélectronique, ou encore les matériaux de la construction[4],[5].
Différentes appellations ont été utilisées pour désigner les applications correspondantes, notamment : paléo-inspiré[6], "antiqua-inspired"[7], "antiquity-inpired"[8] ou archéomimétique[9]. L'utilisation de ces différentes appellations souligne le décalage temporel extrêmement important entre les sources d'inspiration, depuis des millions d'années lorsqu'on considère des systèmes paléontologiques et des fossiles, jusqu'à des systèmes matériels archéologiques ou artistiques beaucoup plus récents, voire subactuels (issus de la création contemporaine ou du patrimoine industriel).
Des propriétés physico-chimiques et mécaniques distinctes sont recherchées.
Elles peuvent concerner des propriétés intrinsèques des matériaux paléo-inspirés :
durabilité (matériaux retrouvés dans certains contextes, ayant résisté à l'altération dans ces environnements) et résistance à la corrosion ou à l'altération
propriétés électroniques ou magnétiques
propriétés optiques (notamment à partir de pigments ou colorants, de matériaux utilisés pour la fabrication céramique[10])
Elles peuvent aussi concerner les procédés de mise en œuvre :
Observation : Cette phase concerne les matériaux, leurs propriétés, ou bien les procédés de mise en œuvre (en relation particulièrement avec l'étude des chaînes opératoires en archéologie, ou bien l'histoire des techniques, notamment celle des techniques artistiques), et les processus d'altération (voire notamment les travaux réalisés en taphonomie expérimentale). Il s'agit donc d'une première phase de rétro-ingénierie. Une partie de ces études relève du champ de l'anthropologie. Comme dans le cas de la bio-inspiration, cette phase est fondamentale et s'appuie sur une démarche privilégiant une exploration créative des objets, avec peu d'a priori (sérendipité).
Recréation : Cette première phase est suivie d'une deuxième visant à simplifier matériaux, systèmes et procédés pour identifier les mécanismes fondamentaux à l'origine des propriétés observées. Cette étape requiert un aller-retour entre la synthèse de systèmes simplifiés et caractérisation des objets d'étude.
Conception : Enfin, s'ensuit une phase de conception ou de design, concernant donc les matériaux, systèmes ou procédés, et visant à leur mise en œuvre concrète pour des applications.
Parmi les exemples emblématiques figure l'étude microscopique des phases minérales présentes dans les bétons romains pour en reproduire la durabilité dans des environnements agressifs, notamment en milieu marin[11].
Une découverte notable est l'élucidation de la structure atomique du bleu maya, pigment composite associant une argile à un colorant organique, qui a conduit des équipes à produire des pigments inspirés de ce pigment historique présentant d'autres couleurs, comme le "violet maya"[12].
↑(en) Katherine T. Faber, Francesca Casadio, Admir Masic et Luc Robbiola, « Looking Back, Looking Forward: Materials Science in Art, Archaeology, and Art Conservation », Annual Review of Materials Research, vol. 51, no 1, , p. 435–460 (ISSN1531-7331 et 1545-4118, DOI10.1146/annurev-matsci-080819-013103, lire en ligne, consulté le )
↑(en) Philippe Sciau et Philippe Goudeau, « Ceramics in art and archaeology: a review of the materials science aspects », The European Physical Journal B, vol. 88, no 5, , p. 132 (ISSN1434-6036, DOI10.1140/epjb/e2015-60253-8, lire en ligne, consulté le )
↑(en) Yujie Zhang, Junping Zhang et Aiqin Wang, « Facile preparation of stable palygorskite/methyl violet@SiO2 “Maya Violet” pigment », Journal of Colloid and Interface Science, vol. 457, , p. 254–263 (ISSN0021-9797, DOI10.1016/j.jcis.2015.07.030, lire en ligne, consulté le )